LA PAROLE À Frédéric Fotiadu, président de la Fédération Gay-Lussac

Ecole Centrale Marseille

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Le projet de devenir un Groupement d’intérêt public (GIP) permet à la FGL de se réinterroger collectivement sur nos missions et notre raison d’être ensemble. »

Pourquoi la FGL a t-elle le projet de se constituer en GIP ?

Trois réflexions nous ont amenés à penser qu’il serait intéressant de faire évoluer le statut d’association de la FGL en groupement d’intérêt public :

– l’international, en particulier avec les discussions autour de Chimie Pékin mais aussi du programme ECUST. Il y a une ou plusieurs écoles porteuses de projets mais nous rencontrons des difficultés à faire reconnaître la FGL qui n’a pas de personnalité morale et juridique publique. Il est aujourd’hui compliqué, voire impossible, que la FGL porte en propre ces projets et signe des accords avec des partenaires internationaux.

– les concours : le statut d’association ne nous permet pas de siéger dans la gouvernance des anciens Concours Communs Polytechniques devenus Concours Commun INP.

– Enfin, notre reconnaissance institutionnelle. Nous partageons le constat d’une reconnaissance insuffisante par les instances ministérielles en particulier sur des sujets comme les programmes en classes préparatoires aux grandes écoles, ou les évolutions des concours. Nous devrions être un interlocuteur incontournable sur l’enseignement de la chimie en France, vis à vis de la profession bien sûr, mais surtout des décideurs de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Le GIP permettrait de reconnaître officiellement la mission de service public que la FGL remplit déjà en fédérant les acteurs de la formation d’ingénieurs en chimie et génie des procédés. Ces missions sont réelles mais elles ne sont pas encore suffisamment visibles.

 

Où en sommes-nous aujourd’hui de ce projet ?

Nous avons fait part de notre réflexion auprès de la direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle (DGESIP) en 2017 et nous avons reçu un accueil favorable pour poursuivre l’instruction avec leur aide lorsque nous serions prêts.

Nous avons pris une décision collégiale au moment de l’instruction auprès de la DGESIP. Puis, nous avons mené un vrai travail collaboratif avec les juristes de certaines écoles et les directeurs de toutes les écoles pour rédiger les premiers textes de statuts en interrogeant tous les aspects et toutes les questions du projet. C’est un véritable travail de réflexion stratégique en commun que nous avons mené. La synthèse a été rédigée par Bernard Vitoux, directeur de l’ENSIC, sous la forme d’un projet de statuts.

Nous sommes aujourd’hui sur le point de présenter ce texte fondateur au MESRI.

 

La constitution en GIP est-elle une nouveauté dans le paysage de l’enseignement supérieur ?

Il y a deux ans, notre projet était considéré comme relativement novateur. Il existait des groupements comme l’AMUE mais il n’y avait pas de réseaux thématiques ou géographiques constitués en GIP.

Entre temps, l’hypothèse de créer des GIP de collaboration entre des établissements est apparue comme pertinente pour un certain nombre d’acteurs de l’enseignement supérieur. C’est par exemple le cas de ceux de l’Université de Bourgogne Franche Comté qui envisagent de sortir de leur COMUE pour se constituer en GIP. C’est un modèle de regroupement qui est intéressant car il permet des actions partagées sans absorption dans un établissement commun. Le GIP est un instrument pour agir ensemble, une structure de coopération, de collaboration, de co-construction. Il permet de se doter d’une indentité commune, territoriale ou thématique, avec une reconnaissance officielle de l’Etat.

 

Quels seraient les freins et les réticences à ce changement de statut ?

En effet, plusieurs questions se posent :

– Certaines écoles sont des composantes d’université. A priori, ce sont ces universités qui ont la personnalité morale et juridique pour intégrer le GIP. Or, il est primordial que les directeurs des écoles puissent continuer à siéger au sein de la FGL. Par ailleurs, toutes les écoles doivent pouvoir adhérer au GIP.

– Le GIP doit être l’occasion d’élargir la représentation des acteurs socio-économiques, en particulier des branches professionnelles, au sein de la FGL. Nos partenariats historiques ne sont pas remis en cause mais nous devons saisir cette opportunité pour intégrer les secteurs qui recrutent massivement les diplômés de nos écoles afin d’être d’avantage insérés dans l’économie française.

– Nous nous interrogeons également sur la capacité du GIP à porter des projets qui n’embraquent pas toujours toutes les écoles. Celles-ci doivent garder la liberté de participer ou non à certains projets.

– Enfin, nous voulons conserver l’agilité actuelle de la FGL qui permet de réunir plusieurs statuts d’établissements dans un mode de gestion souple, sans les lourdeurs d’une gestion publique.

Nous devons donc réussir à ce que le changement de statut réponde à toutes ces préoccupations.

 

Quelles sont les prochaines étapes ?

Notre réflexion a pris son temps, pour des raisons d’appropriation d’une part, et d’autre part de capacité collective à se mobiliser, alors que nous développions nos deux actions en Chine. Notre objectif est désormais de l’avoir conclue en 2019. C’est pour engager les premières discussions avec le MESRI que mon mandat a été prolongé de quelques mois jusqu’en juillet.

Ce projet, s’il soulève encore quelques interrogations, suscite aussi beaucoup d’enthousiasme parmi nous. La FGL est déjà une structure reconnue et légitime. Nous souhaitons que le la constitution en GIP la renforce encore et lui donne une assise institutionnelle nouvelle pour se développer.

 

 

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